Je vais y aller cash ;j'ai été violé-e et j'ai mis du temps à mettre ce terme là sur mon vécu.

On était tous les 2 en CP. C'était un ami.

Pendant un moment d'inattention des ATSEM ,M. m'a demandé de le rejoindre aux toilettes :je ne sais pas pourquoi,j'ai obéi.
Il a baissé son pantalon, a pris mes cheveux de telle sorte qu'il m'a forcé à lui faire une fellation. J'avais envie de vomir et tout ce qui le préoccupait, c'est qu'il ne jouissait pas comme papa quand maman lui faisait(je suppose que M. avait du surprendre ses parents). Puis il a commencé à me caresser le clitoris "pour me récompenser" et à tenter de me mettre un doigt dans le vagin sauf que j'étais ultra serré-e et du coup, j'ai eu très mal et j'ai commencé à pleurer.
C'est là qu'il a commencé à comprendre que quelque chose n'allait pas et à arrêter car avant je ne pouvais pas parler : sidération sans doute.

Avant, je lui trouvais des excuses:l'âge qu'on avait au moment des faits, qu'il ne savait pas ce qu'il faisait (surtout que ses parents n'étaient pas piqué des vers non plus) mais maintenant, je me disais que certes, il y a tout ça mais de l'autre je n'étais pas responsable de la situation et que c'était moi la victime dans l'histoire. J'en ai beaucoup voulu aux ATSEM censées nous surveiller et je leur en veux toujours.

Le-silence

J'en ai parlé à certaines personnes plus ou  moins concernées du moins à  ce  que j'en sais. Je sais que je peux  compter sur leur soutien et pour ça  je leur dis vraiment merci du fond du coeur mais au fond, je me snes vraimnt seul-e, seul-e à gérer quelque chose qui me dépasse malgré tout le soutien du  monde. Un exemple me retrouver face à un cis mec portant le même  prénom que mon violeur même dans un espace public avec des gens safe et qu'il ne m'a rien fait s'est avéré être une torture (heureusement que j'avais bu sinon je crois que je me serai effondré-e) puisque je revoyais les scènes comme spectatrice de mon propre viol. Je sais c'est stupide  mais c'est comme ça. Fuir était ma seule solution  même si c'est une solution de lâche.

J'en veux à beaucoup de gens pour qui la violence sexuelle entre personnes de moins de 10 ans est impossible et vont même jusqu'à la relativiser: il n'a jamais été question d'envoyer des gosses à cet âge là en prison mais juste qu'on leur montre en quoi ce qu'iels ont fait est mal, voir si ça ne masque pas d'éventuelles violences subies non  prises en charge. Oui, évidemment iels n'ont pas la même responsabilité  qu'une personne majeure mais ça ne les exonère pas du tout pour  autant. Je me disais encore dans la société non safe limite je m'y attendais mais chez des personnes qui  se disent féministes et inclusives , ça me fait vraiment beaucoup de mal même si des commentaires de d'autres personnes ont largement  su me remonter le moral. Chaque commentaire allant dans ce sens était juste un crachat dans la gueule  face à ma situation de victime que je venais enfin d'accepter et de reconnaître, du moins c'est comme  ça que  je  l'ai ressenti.

J'espère que juste pour certaines personnes surtout celles visées par  mon avant dernier paragaraphe se rendront compte du mal qu'iels ont fait   et je me souhaite d'aller mieux et de m'endurcir face aux commentaires désobligeants des gens parce que je ne suis malheureusemet pas prêt-e d'en voir la fin.

Je voulais dire  merci aux  personnes qui  me soutiennent déjà et les personnes qui me soutiendront par la suite car ignoraient ce qui m'était arrivé.

Désolé-e  si j'ai ravivé-e les souvenirs de certain-e-s mais j'avais esoin d'en parler