Au début de mon militantisme, je croyais fermement en cette  solidarité entre personnes subissant des discriminations de genre (tout le monde sauf homme cis).

solidarité

Et puis,j'ai remarqué que certaines le méritent plus que d'autres: les "intouchables" qui ne doivent ,ô non jamais, être critiquée même avec des arguments féministes . Oui,je savais qu'il y avait des désaccords sur certains sujets mais je pensais que ce qui nous réunissait dans nos convictions pour combattre les dérives masculinistes et le patriarcat était plus fort que ces divergences.Ces"intouchables" sont le plus souvent des féministes institutionnelles pour qui dès lors que la femme ne sera plus opprimée, toutes les oppressions disparaîtront par magie. Elles sont très souvent transphobes, islamophobes, putophobes, anti intersectionnalité. C'est en général le féminisme le plus visible médiatiquement parlant.

Puis il y a les autres: "les féministes de 2° classe qu'on accepte parfois tant bien que mal même si entre nous,on les traite de féministe masculiniste parce que bon, faut pas abuser quand même,on les tolère juste à peine, pour le nombre et pour les faire rentrer dans le rang." doivent penser les institutionnelles. Iels doivent donc prouver leur indéfectible solidarité envers celles  de 1° classe bien plus que les hommes proféministes 1°classe. D'ailleurs, les hommes proféministes de  1° classe sont mieux considérés que ces  féministes de 2° classe (collabo du patriarcat sous couvert de liberté de choix) mais bon, la cohérence ...

Ces féministes peuvent être critiquées et même mieux,on vous y encourage très fermement.Les femmes trans deviennent malgré toutes les violences transmisogyne subie des masculinistes infiltrés. Ah mais  oui, mais  c'est parce qu'elles sont  violentes de réclamer le droit d'être traité avec respect et considérée réellement comme femme. Oh oui, ils abusent  ces activistes trans à  dire personnes avec utérus au lieu de femme : bouh censure. Oh elles exagèrent ces musulmanes qui ne veulent pas être dévoilées et ces TDS qui  ne veulent pas qu'on pénalise  leur client: elles doivent être folle ,envoyons les chez des psys (oui, c'est psychophobe mais bon ça ne doit pas trop les gêner)... Checker ses privilèges, pourquoi? Je suis une femme (blanche, cis, hétéra, valide, NT, classe moyenne), je suis opprimée et  donc concernée,j'ai le droit de m'exprimer.

Après avor dressé un état des lieux de la situation qui existe, je voudrais vous montrer ce dont je rêve comme véritable solidarité féministe:

  • La bienveillance  envers tou-te-s les opprimé-e-s
  • Check your privilège
  • Priorité aux personnes concernées
  • Réciprocité de l'exigence de solidarité

Je ne veux plus qu'il y ait un féminisme de 1° et de 2° classe, les bonnes et les mauvaises féministes. Au lieu de se battre entre nous, pour le plus grand plaisir de nos oppresseurs, pourquoi ne pas faire bloc contre tous nos oppresseurs et déconstruire nous même les propres oppressions dont nous  sommes privilégiées. Perso,je suis blanc-he donc j'essaie de faire  attention de déconstruire du mieux que je peux mon privilège blanc. Car,non, même si vous subissez une oppression de genre, vous pouvez aussi avoir des privilèges et je pense que c'est une situation assez fréquente.

Ainsi, une femme peut être plus privilégiée qu'un homme sur les oppressions autres que le sexisme (ou y touchant de près): par exemple une femme sociologue et un homme TDS, sur une analyse sur le travail du sexe, l'homme TDS sera plus concernée donc plus légitime de par son expérience du terrain et les enjeux sur sa vie que la femme sociologue.

Ce n'est que tou-te-s ensemble  uni-e-s dans nos diversités, à inclure tout le monde, à redonner l'expertise aux premièr-e-s concerné-e-s, à se taire quand il faut, à redonner aux allié-e-s leur place qu'ils méritent, à veiller au bien être de chacun-e qu'on déplacera des montagnes.

La solidarité ne doit pas être conditionnée à l'approbation d'un féminisme dominant. La seule condition devrait être la réciprocité entre les diverses féministes car oui, il est normal de se prendre un retour de bâton  quand on critique le féminisme des autres nominativement comme Lou Doillon (qui est elle pour déterminer les règles du bon féminisme, franchement? ). On a le droit de critiquer les idées, pas les personnes surtout quand ces personnes se disent féministes.

Solidarité à tou-te-s et du courage à celleux qui en ont besoin