Je vais vous retranscrire l’histoire de A, victime de viol. Elle n’a pas souhaité l’écrire elle-même mais cependant voulait que ça se sache donc elle a choisit seulement de relire. Elle ne souhaite pas que je rentre trop dans les détails pour reprendre le pouvoir par rapport à cette violation manifeste de sa vie privée et de son droit à l’image en plus du viol qu’elle a subi. Si malgré tout, vous reconnaissez A, merci de ne pas divulguer d’informations personnelles autre que celle choisit par elle dans ce billet.

justice

A a subi un viol, elle choisit de porter plainte, est mal reçue par la police parce qu’elle ose porter un short (sous la cagnasse en plein été, quelle drôle d’idée vraiment) ce qui signifie évidemment que c’est une menteuse d’autant plus qu’elle était en couple et que son violeur était son meilleur ami. Pour les flics, c’était simple, elle n’assume pas d’avoir trompé son mec avec son meilleur ami même si il y a des traces explicites de violences physiques.
Ça aurait presque pu s’arrêter là comme beaucoup d’autres affaires sauf que malheureusement non.

En effet, l’histoire s’est déplacée sur facebook : le violeur a mis une photo de A en short en paramètre public (histoire que tout le monde voit bien), souriante prise quelques mois après le viol avec comme commentaire « Voilà la fille que j’ai soi disant violé. [insert description de ce qu’il lui a fait]C’est un viol pour vous ?» En dessous du post, on peut voir du slutshaming dans les commentaires du style « c’est juste qu’une salope qui cherche à se faire remarquer » et même des commentaires sur sa vie privée« Une vraie victime n’aurait pas largué son mec peu de temps après qu’il voulait te [« te » vise ici le violeur) casser la gueule »*. Personne ne prend sa défense. Une personne vient quand même la voir en MP pour lui signaler l’existence de ce post, lui dire à quel point elle la soutenait et qu’elle trouvait ça dégueulasse cet acharnement contre elle. Elle appelle sur son mur au signalement de ce post et on apprend que visiblement ce n’est pas contraire aux règles de facebook. Elle me demande de l’aide d’un point de vue juridique pour le faire flipper afin qu’il supprime lui-même sa publication. Je lui ai suggéré d’aller d’abord voir les flics pour qu’ils fassent une capture d’écran du post (surtout que du coup, même si pour le violeur, ce n’était pas un viol, aux yeux de la loi, oui, ça en est un et que ça coïncidait avec la version de A). Puis je lui ai sorti les différents articles (art 9 du Code civil pour le droit à la vie privée et le droit à l’image + article 226-1 du code pénal si elle avait été majeure et article 227-23 du code pénal plus spécifique à son cas à elle). Pour les nationalités autres que française, je ne sais  pas pour les ressources législatives.
Ça a réussi puisqu'il a retiré son post (car il y avait des personnes proches de A infiltrées dans les contacts facebook du violeur) même si les dégâts étaient fait et qu’elle a du changer de lycée car était devenu la cible de toutes sortes de violences de la part de ses camarades. Niveau judiciaire l’affaire a été classée sans suite par le procureur.

Si elle a voulu que j’écrive ce billet, c’est par rapport à l’article paru récemment d’une fille qui avait exposé son agresseur sur facebook et dont tout le monde s’est ému de son droit. Pour son histoire à elle, peu de personnes s’en est émue alors qu’elle s’est en pris plein la gueule. Double standard.
De plus, ça n’a pas le même impact entre l’histoire d’une femme qui dénonce un agresseur pour la sécurité des autres que la personne qui se sert d’arguments douteux pour décrédibiliser une victime d viol qui l’accuse de lui avoir fait subir. Les agresseurs ont des familles innocentes ok mais les victimes aussi et dans ce cas précis, sa famille s’en est pris plein la gueule pour avoir défendu sa « sale trainée et menteuse de fille[ou de sœur] ».

Je voudrais offrir tout mon réconfort possible aux personnes qui ont été, sont ou seront dans la même situation que A.

*A souhaite préciser que si elle a rompu, c’est qu’elle avait l’impression que c’était plus une démarche narcissique de sa part qu’une réelle volonté de l’aider d’autant plus qu’il était au final pas du tout aidant dans son attitude même quand elle lui a dit clairement ce qu’elle souhaitait qu’il fasse.

SUPPLEMENT D'INFO JURIDIQUE

info judiciaire