Certaines personnes disent que rappeler aux oppresseur-e-s de checker ses privilèges reviendrait à tuer le débat parce que cela signifierait que seul-e-s les opprimé-e-s sont aptes à s’exprimer.
Le problème, c’est qu’il ne s’agit pas que de débats intellectuels mais de survie pour les oppressées. Oui, vous avez bien lu survie.
Et pas désolé-e de vous apprendre que ce sont les plus concerné-e-s les mieux à même de déterminer leur stratégie.

check your privilege

Ce n’est donc pas qu’un simple débat d’idée. Au contraire, ce serait partir du principe qu’on est à égalité alors qu’en réalité non.
Surtout que le fait d‘être oppressé-e, signifie risquer toute forme de violences et donc faire face à des survivant-e-s ou proches de ces personnes même si ça ne doit pas être un argument pour les discréditer bien au contraire. Ca les rend encore plus expert-e-s en effet.

Vous prétendez qu’il est possible de donner des arguments objectifs sauf que non : à cause notamment des enjeux cités ci-dessus.
Un vrai débat d’idées peut se faire qu’entre personnes concernées pour élaborer les stratégies de lutte, la question de la non mixité ou non. Et encore en tenant compte les privilèges au sein même de cette catégorie.

Vous allez me dire qu’il existe ce qu’on appelle des experts de par leurs profession mais qui sont très souvent non concerné-e-s qui sont censés très bien s’y connaître de par leur connaissance sauf qu’en réalité, c’est peut être bateau ce que je vais dire mais c’est vrai : chaque personne est unique et on peut être face à une exception qui confirme la règle, ce qui devrait apprendre à certain-e-s l’humilité notamment dans le domaine du care au sens général du terme.

Donc, outre le fait que ces personnes soit disant expertes ne sont pas neutres et peuvent cautionner des oppressions quitte à parfois être malhonnête scientifiquement, ce ne sont pas elles la plupart du temps qui le vivent quotidiennement.
Cependant, je n’ai rien contre les expert-e-s dès lors qu’iels se rendent compte de ce biais et également qu’iels ne détiennent pas la parole d’évangile. Elles peuvent juste apporter leur théorie au service des personnes concernées et non l’inverse.

On me dit aussi que seule la pédagogie avec douceur permet de convaincre et/ ou persuader les gens. Déjà, notre but n’est pas de convaincre les gens à tout prix.
Et puis, la pédagogie par les coups de gueule, ça peut aussi être efficace. Le « à tout prix » signifie notamment en éteignant le cri de l’oppressé-e pour le confort de l’oppresseur-e. Oui, parfois, se rendre compte que l’autre à mal peut permettre de se rendre compte de la situation d’oppression et oui, ce n’est pas toujours agréable de se faire rappeler qu’on est du camp des oppresseur-e-s.

Mais bonne nouvelle, vous pouvez agir même si vous n’êtes pas indispensables dans la lutte et refuser d’être au premier rang.
Vous, vous avez vraiment le choix : se comporter comme un-e oppresseur-e ou au contraire, essayer de faire du mieux que tu peux pour être un-e allié-e ce qui ne sera pas toujours un partie de plaisir loin de là. Vous devrez à la fois affronter vos cooppresseur-e-s sans faire du savior ce qui peut entraîner une forme d’exclusion de votre camp initial et faire face à la souffrance des oppressé-e-s tout en remettant son égo à sa place.

La pédagogie est un luxe que tout le monde ne peut pas se payer, bien au contraire.
Et, je pense que la pédagogie peut être une manière d’aider et d’apporter sa contribution à la lutte de la part des allié-e-s, partager des ressources très bien faites la plupart du temps par des personnes concernées, des traductions de textes de personnes concernées non francophones par exemple.