TW validisme, dysphorie de genre assez hard

Le texte d'@Avanarchiste"Je ne sais pas m'aimer et c'est un acte radical" m'a largement inspiré pour ce texte.
Je compte parler de sujet peu ou pas évoqué par elle : la souffrance physique liée à un handicap et ma non binarité.
En effet, comment aimer un corps qui nous fait physiquement souffrir surtout quand aucun traitement pour soulager ta douleur n'est efficace durablement?
Comment aimer un corps qui ne représente pas la personne qu'on est réellement?
Mais de l'autre côté,j'aime ce corps même si il m'en a fait voir car sans ce corps,je ne serai pas moi.
Ce corps fait partie de mon histoire même si il a été maltraité par le vie.
Et puis, il a des bons côtés même si il m'a fallu beaucoup de temps pour m'en apercevoir et l'aide d'une psy.

plein le dos

Ce corps entravé par la souffrance

En me lisant, vous aurez peut être l'impression  que cela a été relativement simple pour  moi même si j'ai eu besoin d'un peu d'aide extérieure.
Sauf que ce n'est pas si simple.
Je suis actuellement dans une phase où la douleur reste relativement supportable donc c'est plus facile de se dire ça dans ces moments là même si à ces moments là,l'efficacité n'est pas prouvé.

On me dit souvent (même dans ce contexte là) que ce qui ne tue pas rend plus fort-e, que cela fait de moi un être humain formidable capable de surmonter des montagnes d'épreuves car je suis tellement fort-e.
Et puis les discours à la noix, du style: si tu souffres, ça prouve que tu es en vie.
La vie tellement sacrée qu'on exotise ta souffrance et que si tu as mal à vouloir en crever, ce n'est pas grave (même si attention je n'échangerai pour rien au monde ma place avec la tienne).
Le pire, c'est que ça ne venait même pas de personnes chrétiennes ou quoique soit d'autres parce qu'à la limite, j'aurais compris et même trouvé quoi répondre.
Je n'en suis pas à ce stade mais ça doit être horrible pour les personnes les plus concernées

Et puis, évidemment, avoir le dos cambré m'attire des commentaires du genre que ça me fait des belles fesses, que je suis plus susceptible  de plaire au mec (hétéronormativité mon amour).
Je ne doute pas de la volonté de bien faire de ces personnes en mode consolation de ma douleur physique sauf que je m'en fous en fait.
Surtout que de l'autre côté, des personnes  m'injonctionnent à rentrer mon ventre pour avoir l'air "normal-e" sauf que ça ne tient pas sur  la durée et que ça me bouffe pas mal d'énergie.

Ce corps qui ne représente pas ma réalité

Je suis non binaire.
J'ai un corps qui n'est pas vraiment mon corps, du moins tel que je me le représente maintenant.
Sauf que ma volonté dans mes modifications corporelles fluctuent : une période, j'ai un tel dégoût de mes seins que je voudrais me les arracher puis je souhaite faire de même avec mon utérus puis ça passe
Cela fluctue selon mes ressentis de genre.
Alors concrètement comment faire pour s'accepter sachant que la plupart des actes qui pourrait éventuellement m'aider ne sont réversibles?
Accepter que notre corps soit un mensonge?
Accepter ce mal être profond en plus de tous mes autres problèmes liés ou non à une oppression.

La  dysphorie de genre plutôt sympa hein?
Surtout quand on peut rien y faire, que même les transformations qu'on pourrait apporter à notre corps ny changera rien  du moins durablement.
D'ailleurs, petit message aux trans binaires qui disent qu'on n'est pas vraiment trans parce que les trans™ doivent suivre une transition dans les règles de l'art VOS BOUCHES.
Les cis qui décrédibilisent nos identités en mode "50 nuances de queer" et autres foutaises, la même.

 

PS:Les anticapitalistes (souvent cismecs) qui vont se la ramener en mode "pauvres idiotes, vous faites le jeu du capitalisme qui vous fait souffrir en vous pliant à ces injonctions" et d'ailleurs si vous voulez faire quelque chose d'utile, prenez vous en aux puissants.
Pas aux personnes qui essaient de se battre et des survivre tant bien que mal et lâchez nous la grappe, ça nous fera des vacances
.Ceci est valable pour toutes autres formes d'oppressions que celles qui ont été cité