Vous voulez être un-e bonne allié-e et vous ne savez pas comment faire? Voici une liste de quelques conseils non exhaustifs.

  • Checkez vos privilèges: 

Cela peut paraître évident sauf que ce n'est pas le cas pour tout le monde.
Rappeler d'où vous parlez, que vous n'êtes pas concerné-e pour éviter tout malentendu.
Dire "on est tous humains"par exemple, c'est vrai mais certain-e-s sont considéré-e-s comme plus ou moins humain-e-s que d'autres et donc dire ceci revient à nier cet état de fait.
Dire "on est tous des animaux"dans le cadre de la lutte antispéciste, c'est vrai mais il ne faut pas oublier que certaines personnes sont considérées comme plus animales que d'autres. Je ne crois pas (et des concerné-e-s aussi) à titre d'exemple que Christiane Taubira aurait été traitée de guenon si elle avait été blanche .

 

  • Relayer la parole de concerné-e-s plutôt que  la confisquer:

Eviter de prendre la parole sur un sujet dont vous n'êtes pas directement concerné-es mais relayer la parole en partageant la parole des concerné-e-s.
Vous pouvez évidemment en parler mais dans ce cas, surtout accepter la critique des personnes concernées et présenter ses excuses si l'on a tenu des propos oppressifs.
Seule exception à cette règle pour des raisons évidentes: la lutte contre le spécisme (sauf si quelqu'un-e a déjà réussi à traduire en langage humain le langage des animaux mais à ma connaissance non).
Certes, le sujet est délicat et même si on peut compatir avec leur situation, j'ai l'impression que pour beaucoup, les allié-e-s des animaux semblent plus important que la lutte pour les droits des animaux (rien qu'à voir le concept  de"végéphobie")

 

  • Accepter de ne pas être au premier plan:

Cela signifie concrètement d'accepter de ne pas avoir le pouvoir de décision dans la lutte notamment en ce qui concerne la non mixité.
Il faut donc accepter d'avoir son égo de dominant-e-s parfois un peu froissé en se voyant mis par exemple au fond d'une manif pour laisser le devant de la scène aux personnes concernées, refuser de répondre aux journalistes en laissant la parole aux oppressé-e-s, ne pas gueuler les slogans dans le mégaphone ...
Accepter aussi que parfois, son avis, on s'en moque surtout quand il est très souvent inutile.

 

  • Ne pas taper sur les oppressé-e-s qui se rangent du côté de l'oppresseur-e:

C'est quelque chose que j'ai souvent remarqué et en même temps qui peut se comprendre: oui, c'est horripilant de voir par exemple des femmes contre le féminisme.
J'ai lu pas mal d'articles cherchant à expliquer ce phénomène et même certains hommes cis qui s'en prenaient à elles en les insultant tournant en dérision etc.
C'est une forme de misogynie puisqu'il s'agit là, pour ces  femmes , très souvent ,d'une stratégie de survie et les cismecs au lien de s'en prendre à elles devraient s'en prendre à leurs congénères qui sont la cause de cette misogynie intégrée.
D'ailleurs , leur misogynie n'est que rarement voire jamais dénoncée dans les grands médias mainstream sauf si ils sont oppressés par ailleurs (si le coupable est racisé par exemple).
Je ne dis pas qu'il faut rien faire contre mais juste laisser les personnes concernées s'en charger.

 

  • Se poser des questions avant d'intervenir :

Vous allez me dire et à juste titre, que cela doit être pareil pour une personne concernée vu que cela n'empêche pas te tenir des propos oppressifs par ailleurs
Il faut voir par exemple les intentions: se faire mousser pour montrer qu'on est le meilleur allié, t'as vu ce qui est totalement pourri même si souvent ce n'est pas aussi caricatural ou essayer d'aider les concerné-e-s  qui n'en peuvent plus de répéter 150000 fois les même  choses ce qui est mieux même si il faut éviter de tomber dans le saviorism (vouloir sauver les oppressé-es).
Si vous recevez des cookies, posez vous des questions comme ai-je atteint ma cible?
Par exemple, parler aux cismecs pour leur expliquer pourquoi le féminisme est important et recevoir pleins de cookies de femmes, très peu de réponse d'hommes qui ont au moins eu une prise de conscience: c'est un flop et peut être, ça a été mal amené surtout si par ailleurs, cela a été critiqué par de plus en plus de féministes .
Vous avez le droit également de poser des questions: cependant, avant de la poser vérifier si ça n'a pas été posé avant surtout dans les groupes facebook ou forum et surtout formulez les de façon à ce qu'elle soit le moins oppressive possible

 

  • Ne pas remettre en question le ressenti des concerné-e-s:

Je vais terminer sur ce point: ne pas faire d'injonctions au calme ou à la colère.
Si une personne concernée dit que tes propos sont oppressifs, ils le sont POINT.
Il n'y a pas à tergiverser.
Une personne cis qui s'approprie les identités trans et non binaires pour sa cause (féministe dans cet article) est transphobe par exemple.
La misandrie, cisphobie, hétérophobie, le racisme anti blanc n'existent pas donc éviter de venir chouiner sur des oppressions inexistantes.

indécence