TW TW TW violences sur enfants, maltraitance

 

 

«Ce n'est pas si grave après tout»

«Il y a pire ailleurs»

«D'autres souffrent plus que moi»

 

Voilà le genre de phrases que j'aurais pu dire, il y a encore quelques temps et il m'arrive encore de le penser aux moments down de ma dépression.
Que vaut en effet, quelques fessées pour me punir face à des coups de martinet tous les jours "sans raisons" subie par N. de la part son père  ?
Qu'elle avait le"choix" (si on peut appeler cela un choix) entre être battue ou que ce soit sa belle mère qui prenne à sa place.
Ou encore le fait que V. était battue tellement  que ses jambes tremblaient chaque fois qu'elle n'était pas la 1°de la classe?
Je m'en voulais mais moi même je risquais d'être punie si je ne remplissais pas les mêmes exigences.
Je me disais que, du coup, je n'avais pas de vraies raisons de me plaindre et puis c'était mérité (enfin, c'est ce que je pensais).

 

Oui, effectivement, c'était très grave ce qu'ont vécu V.et N.(et d'autres parce que la liste n'est malheureusement pas exhaustive).
D'ailleurs, la maitresse de l'époque pour N. avait fait un signalement aux services sociaux (pour V. je ne sais pas).
J'ai revu N. il y a peu de temps d'ailleurs et malgré les plaintes de sa mère et le dit signalement,
iels ont du cohabiter 1 semaine sur  deux jusqu'à sa majorité.
Cependant ce n'est parce que leur vécu est gravissime que le mien est moins grave
même si la tendance de mon vécu est plutôt la violence psychologique (autant destructrice  qu'invisible).

 

En effet, je ne faisais jamais assez bien, jamais assez vite.
Je ne compte pas le nombre de feuilles arrachées de mes cahiers (pas très écolo) parce que je n'écrivais pas assez bien
donc dans le but de me punir de ma soit disant non application (merci la dyspraxie)
Parce que l’Éducation nationale y a mit du sien aussi, vous pouvez me croire.
Je pense notamment à une prof de sport Madame M qui a pris un malin plaisir à m'humilier subtilement.

 

Je me taisais et souffrais en silence.
N'étant même pas sûr-e de ma légitimité à me plaindre, comment est-ce que j'aurais pu le faire comprendre à d'autres?
Surtout que ce qui n'aidait pas c'est que ce n'était pas visible et quand je commençais à me plaindre , on me rappelait sans cesse qu'il y avait pire.
On me faisait passer pour une gamine pourrie gâtée qui se plaignait pour rien.
Et puis, il ne faut pas trop fatiguer maman; la pauvre, elle qui a de vrais problèmes
De plus, si elle te flique, c'est pour ton bien et puis, ça l'aide à gérer ses angoisses
Et j'ai même eu l'occasion d'apprendre que je n'étais que la preuve que ma mère pouvait mener une grossesse à terme:
Avant moi, ma mère avait fait une fausse couche et j'ai comme l'impression d'avoir été qu'un lot de consolation.
De ne pas avoir été désiré-e pour moi même mais pour la vie fantasmée avec l'enfant qui n'a jamais vu le jour.

 

souffrance VEO

Mais maintenant, j'ai choisi de parler et je ne compte plus m'arrêter
Je ne compte plus me taire ni me laisser intimider (plus facile à dire qu'à faire).
Certaines personnes me suggèrent de fuir cette famille toxique sauf que ce n'est pas la solution:
c'est le genre de personnes pour qui, à moins que tu changes totalement d'identité(et encore même pas sûr-e), elle te retrouve toujours.
Et puis, on peut toujours pourrir la vie à distance et je remercie le ciel du fait qu'elle soit nulle en informatique
sinon elle trouverait des moyens pour me fliquer encore plus.